Exposition Oxymore

Érotisme (Madeleine Millot-Durrenberger/ Bochi Liu)

Janvier 2011

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La premi¨¨re exposition de la s¨¦rie Oxymore s¡¯intitule Érotisme, elle r¨¦unit les œuvres d¡¯un artiste chinois : Monsieur Bochi Liu et d¡¯une grande collectionneuse de photographies, Madame Madeleine Millot-Durrenberger.

Leurs œuvres sont regroup¨¦es autour du th¨¨me de l¡¯¨¦rotisme, en effet leurs tableaux et photographies mettent en sc¨¨ne l¡¯¨¦clat troublant et envoûtant du corps f¨¦minin. Ils repr¨¦sentent des femmes d¨¦v¨ºtues ou nues, mais pas de mani¨¨re brutale ou crue. C¡¯est un nu subtil, sugg¨¦r¨¦, une mise en sc¨¨ne du corps f¨¦minin, de ses formes et de son intimit¨¦. Pourtant bien loin de montrer un retour ¨¤ la nature, la femme ainsi mise en sc¨¨ne reste une femme moderne, citadine.

Le nu est un th¨¨me qui int¨¦resse les artistes depuis toujours, en effet, comment repr¨¦senter la nudit¨¦ sans pour autant tomber dans la vulgarit¨¦ ? Le nu fascine, effraie, subjugue. Cependant cette nudit¨¦ n¡¯est pas appr¨¦hend¨¦e de la m¨ºme façon, ainsi, la perception du nu a chang¨¦ en  fonction des p¨¦riodes, des mentalit¨¦s, des courants artistiques, mais aussi des pays.

La repr¨¦sentation de la nudit¨¦ ¨¦tait courante dans l¡¯Antiquit¨¦ gr¨¦co-romaine, un grand nombre de statues ¨¦taient partiellement voire enti¨¨rement d¨¦v¨ºtues, on peut par exemple penser au dieu Priape ou ¨¤ la d¨¦esse de l¡¯amour, Aphrodite. Au Moyen-âge, en Europe, le nu est abandonn¨¦ au profit d¡¯œuvres plus aust¨¨res et plus religieuses car il est li¨¦ au p¨¦ch¨¦ originel. Cependant, il redevient rapidement ¨¤ la mode ¨¤ la Renaissance, durant laquelle, les peintres s¡¯inspirent des œuvres antiques.

En Chine, le rapport ¨¤ la nudit¨¦ est plus d¨¦licat, en effet, le corps reste longtemps cach¨¦, dissimul¨¦, pas par principe religieux comme pour l¡¯Islam mais plus par tradition et par d¨¦cence. Ainsi les parties du corps de la femme restaient cach¨¦es, m¨ºme leurs bras devaient ¨ºtre couverts. Chez elles, aupr¨¨s de leurs maris, ces femmes restaient tout aussi couvertes. Dans l¡¯Art, le corps reste cach¨¦, envelopp¨¦ de v¨ºtements. Une seule dynastie, les Tang (618-907 ap. J.-C.), ont ¨¦t¨¦ repr¨¦sent¨¦s v¨ºtus plus l¨¦g¨¨rement. Ainsi, on peut apercevoir, sur les tableaux repr¨¦sentants leurs femmes, leur cou ainsi que le d¨¦but de leur torse (sans pour autant d¨¦voiler leur poitrine). Seules les divinit¨¦s, comme le Bouddha (qui est asexu¨¦), sont mises en sc¨¨ne torse nu. Avec l¡¯ouverture de la Chine sur le monde dans les ann¨¦es quatre-vingt, les mœurs ¨¦voluent et l¡¯Art s¡¯ouvre sur de nouvelles perspectives. Les expositions de nu fleurissent ¨¤ travers la Chine. Dans les ann¨¦es quatre-vingt-dix ce sont les tenues vestimentaires qui ¨¦voluent, des v¨ºtements plus courts font leur apparition dans les rues.

Enfin en 2000, avec la mondialisation, le nu fait partie ¨¤ part enti¨¨re de la Chine au m¨ºme titre qu¡¯en Europe, il ne choque plus, bien au contraire le nu est ¨¤ la mode, il fait vendre. On peut ainsi voir de plus en plus de jeunes filles peu v¨ºtues ¨¤ la t¨¦l¨¦vision et dans les magazines  Cette ouverture plus tardive nous permet de mettre en parall¨¨le les œuvres de Liu Bochi  qui peuvent nous faire penser ¨¤ celle tr¨¨s connue de Gustave Courbet, L¡¯Origine du monde, peinte des ann¨¦es auparavant en 1866.

Il s¡¯agit dans notre exposition de vous donner ¨¤ voir un nu artistique, ¨¦rotique, mis en sc¨¨ne, bien loin de la vulgarit¨¦ et de la surench¨¨re de la nudit¨¦ dans les m¨¦dias. Du grec Eros, l¡¯¨¦rotisme renvoie ¨¤ l¡¯amour, ¨¤ la sensualit¨¦ du corps f¨¦minin, ¨¤ l¡¯aspect charnel de la femme. C¡¯est un corps jeune qui est repr¨¦sent¨¦, fig¨¦ dans la fleur de l¡¯âge.

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